Quand les traders en viennent à vouloir être nationalisés

Prendre le temps de la réflexion est une bonne chose. Surtout par ces temps de marchés troublés.


Pour dire vrai, j'en ai un peu perdu mon latin. Etre capable de dire que l'on perd un peu le fil des choses est une bonne chose en finance. Cela oblige a se mettre en retrait, couper ses paris et prendre du recul sur les événements.


Que constate-t-on ?



1/ Que le marché du CDS (température rectale du marché) est remonté à 39,5 degrés celsius.


2/ Que l'indice VIX (température bucale du marché) est remonté à l'équivalent de 38,5 degrés celsius.


3/ Que les divergences macro (réelles de Merkel ou factices de Hollande) commencent à foutre sévèrement la trouille à tous les investisseurs autour de la planète.


4/ Que la Gréce est paumée telle un punk à chien sous crack bon marché


5/ Que Facebook (et "les Internets") auraient pu nous sauver si il n'avait pas choisi le pire moment de l'univers pour s'introduire en bourse (et introduire au passage nombre de petits porteurs).


Bref tout cela ne sent pas trés bon. Et tout semble partir dans la même direction : l'abime.


"Quand tu ne sais pas où tu vas regarde d'où tu viens" disait mon grand-pere (le même en photo ci-dessus qui était également un vénérable ancêtre des punks à chien).


Et donc je me suis replongé dans ce petit billet que j'avais rédigé il y a 2 semaines exactement que je concluais par : "J'évalue à 3 semaines le temps donné par les marchés au nouveau couple franco-allemand pour pouvoir voir les premiers signes explicites de solutions/arrangements commun. Au delà, les inquiétudes vont monter de toute part".


Je crois qu'on y est. Il nous reste donc une semaine. Chers amis politiques il vous reste une semaine pour faire preuve d'initiative économique et d'intelligence émotionnelle vis à vis des marchés financiers afin de les rassurer prestement. Après je ne réponds plus de rien.


Et vu la vitesse à laquelle les décisions semblent se prendre... je ne réponds déjà plus de grand chose.


Et pour finir, je vous livrerais une petite anecdote délicieuse que j'ai glané de ci et de là de la part de mes congénères traders parisiens. Ils en sont venus à espérer une nationalisation partielle des banques françaises à hauteur de 20% afin de permettre :


1/ à l'état d'avoir droit de controle sur celles-ci
2/ rassurer les marchés car si les banques tombent, l'état perd de l'argent (ce qu'il ne peut se permettre par les temps qui courent)


Tout de même, imaginer qu'un trader envisage positivement de se faire nationaliser vous admettrez que c'est déconcertant.


A court terme, le scénario du pire serait un bankrun. C'est quoi ? C'est grave ? Allez lire cela vous comprendrez.


PS : Cela me rappelle inexorablement le scénario de la faillite de l'Islande... (oui mon grand-pere sus nommé était islandais aussi).












Eric Valatini

Eric Valatini

Trader et entrepreneur à l'autre bout de la planète...mais quel est le bout d'une sphère ?

5 commentaires sur “Quand les traders en viennent à vouloir être nationalisés

  1. Ils espèrent être nationalisés… Ca fait tellement longtemps que vos amis banquiers et trader sont de toute façon couverts par les Etats, quels que soit leur niveau d'irresponsabilité selon la règle maintenant bien établie du « soit je gagne soit tu perds », que cela n'a rien de déconcertant… Et 20% cela ne donne pas les clefs de la taule, ils restent prudents ces gentils traders réalistes.

  2. Bonjour à tous,

    ok why not, mais avec quel cash on monte à 20 % du capital des banques ? Vous allez me dire dans un sens c'est maintenant ou jamais vu les niveaux de « valorisation » par les marchés mais si c'est pour s'endetter auprès des banques desquelles on va acheter ensuite les actions, vaut peut être mieux arrêter de se mordre la queue tout de suite non ? Notre « système » est assez consanguin comme cela vous ne trouvez pas ?

Laissez un commentaire

En vous connectant par : S’inscrire sur ce site / Se connecter
Ou en restant anonyme (et fourbe) :